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DE JOUR COMME DE NUIT, LA RUE NUIT!

Des enfants sans école... Des familles à la rue...

Leurs droits sont bafoués!

À Evreux, les enfants sans abri n'auraient pas droit à l'école!

Sur France 3, au JT 19/20 du vendredi 07 septembre 2018

Oui, Madame l'adjointe aux affaires scolaires de la ville d'Evreux: "l'administration doit être en conformité avec le droit et la loi". Ces enfants ne peuvent se voir refuser leur inscription à l'école sauf à  être victimes d'une ignoble ségrégation.

ON EN PARLE SUR LA RADIO PRINCIPE ACTIF...

Radio Principe Actif, Pique Nique Solidaire - 01 septembre 2018. Diffusé le 05/09/2018

MENSONGE!

Ci-dessous, un petit entrefilet pour un gros mensonge... Au moins trois familles que le RESF27 accompagne,  effectivement engagées dans une procédure de demande d'asile, sont actuellement à la rue... au mépris de leur droit à l'hébergement.

Sur France Bleu Haute normandie, le 07-09-2018

Un pique-nique solidaire, dans la rue d'Evreux, avec les rejetés du 115

France 3, au JT 19/20 du samedi 01 septembre 2018


Paris NormandieActualitésSociété

SOCIÉTÉ

Eure : solidaires des familles sans domicile fixe, ils partagent la rue avec eux samedi

Publié 05/09/2018 22:39 | Mise à jour 05/09/2018 22:39

 

 

Les associations et les citoyens sont descendus dans la rue afin de la partager avec ceux qui n’ont pas d’autre lieu de vie

Ces personnes, fragilisées, ainsi que celles qui les accompagnent et aident au quotidien, espèrent une réaction de la préfecture : « Nous aimerions que le préfet vienne à notre rencontre, qu’il soit confronté à ces personnes. Notre gros problème réside dans le fait qu’aucun interlocuteur décisionnaire ne veut nous recevoir », explique Vincent Breuil, membre de Associatif. Six associations et de nombreux citoyens ont décidé de « partager la rue », samedi, avec ceux qui n’ont pas de domicile fixe.

 

Face au « non-respect des engagements du gouvernement », qui avait promis que « plus personne ne serait à la rue », six associations, Amnesty international, Ligue des droits de l’homme, Réseau éducation sans frontières (RESF), Un toit sous la main, Collectif étrangers-Français pour l’égalité des droits solidarité (Cefed) et les Restos du cœur, ainsi que de nombreux citoyens sont descendus, samedi, dans la rue afin de « la partager » avec celles et ceux qui n’ont pas d’autre lieu de vie.

Actuellement, 12 familles et plusieurs jeunes, qui relèvent de la préfecture, attendent d’être logés. Parmi ces personnes notamment, une jeune maman et son bébé de 4 mois, une femme, âgée de 63 ans, en situation de handicap, une maman en insuffisance respiratoire et sa fille de 2 ans : « Je suis très fatiguée et très triste de cette situation. On appelle tous les jours le 115 et on nous dit toujours la même chose : ‘‘ Rappelez demain ’’. Ma fille a été refusée à l’école car nous n’avons pas d’adresse. »

RESF. Dans l’après-midi, une demande a été faite à la préfecture pour que la maraude puisse apporter un repas aux familles présentes. « Jean-Luc Binet, responsable d’astreinte, nous a répondu que la maraude ne passait pas l’été, alors que c’est faux puisqu’elle fonctionne toute l’année. Ce qui traduit bien leur indifférence face à la situation. Il faudrait que ces personnes qui maltraitent les familles et qui n’ont entre leurs mains que des dossiers acceptent de rencontrer celles et ceux qu’ils mettent à la rue », souligne le bénévole.

« Dans le respect des lois »

Contactés par Paris Normandie, les services de la préfecture de l’Eure rappellent que « l’État vise à garantir un hébergement à destination des demandeurs d’asile, au sein d’établissements spécialisés dans l’accompagnement de ce type de public (Centres d’accueil des demandeurs d’asile - Cada) et à défaut par tout moyen alternatif d’accueil. »

Et qu’« il convient en revanche de rappeler que les demandeurs d’asile, dont la demande a été déboutée et qui ont fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français, ont vocation à regagner leur pays d’origine. L’aide au retour est systématiquement proposée dans le département de l’Eure pour ces derniers. Dès vendredi, Arnaud Gillet, directeur de cabinet du préfet de l’Eure, a proposé un échange avec le Réseau éducation sans frontières (RESF) au cours de la journée du samedi. L’association n’a pas donné suite. La préfecture oppose enfin un démenti formel aux allégations de RESF, en indiquant que l’ensemble des dossiers présentés sont traités dans le respect des lois et règlements applicables. »

 

Un pique nique solidaire pour partager la rue avec les sans-logis


LA RUE NUIT GRAVEMENT À LA SANTÉ DES SANS-PAPIERS

Un père et sa fille gravement malade mis à la rue par la préfecture de l'Eure

Mounaika et son papa au JT du 19/20 de FR3 Normandie, le 22 août 2018

Un père et sa fille de huit ans, atteinte d'une tumeur au cerveau, relogés à Évreux : la mobilisation a payé

Mercredi 22 août 2018 à 6:35Par  Laurent Philippot,  France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Évreux, France

Dans les locaux de l'association Réseau Éducation Sans Frontières à Évreux, la petite Mounaika dessine des princesses et s'applique à écrire son prénom, en lettres attachées. L'enfant de huit ans est ravie de retrouver sa chambre, quatre jours après en avoir été expulsée "faute de place", selon RESF 27. Avec son père Moussa Bacar, elle a dormi deux nuits à la mosquée et deux autres chez un habitant du quartier de La Madeleine. La décision prise vendredi 17 août par la Direction départementale de la cohésion sociale de l'Eure a ému l'association qui a alerté la presse et saisi le procureur de la République d'Évreux ce lundi. Et le soir même , Moussa, le père, reçoit un appel vers 19h00, l'hébergement impossible à la veille du week-end devient de nouveau possible. "C'est assez étonnant" souligne Jean-Marc Jugand, de RESF 27, qui, pourtant, ne fait pas de lien entre la mobilisation de son association et le revirement de situation. Un dénouement heureux qui ne doit pas faire oublier d'autres situations précaires pour le militant :

On a en ce moment une petite fille de neuf mois qui est dans la rue avec sa maman et sa grande sœur " Jean-Marc Jugand, membre de RESF 27

Droit de réponse de la préfecture de l'Eure

Sollicitée par France Bleu Normandie mardi matin pour obtenir une interview sur les raisons qui ont conduit la direction départementale de la cohésion sociale de l'Eure à mettre fin à l'hébergement de la famille Bacar, la préfecture fait parvenir à notre rédaction en début de soirée un communiqué de presse intitulé " Droit de réponse ". Selon le préfet de l'Eure, , Thierry Couderc, " les faits établis par le Réseau Éducation Sans Frontières de l'Eure ne correspondent pas à la réalité ". Et le préfet d'expliquer que le 18 juin dernier, Moussa Bacar a obtenu un renouvellement de son autorisation provisoire de séjour auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine, en indiquant toujours résider dans ce département chez un tiers, alors que son hébergement et celui de sa fille étaient pris en charge par le centre Ysos d'Évreux  depuis le 5 février.

Face à ces contradictions, la direction départementale de la cohésion sociale a pris la décision de ne plus mobiliser une place d'hébergement d'urgence dans l'Eure, Monsieur Bacar disposant d'un hébergement en région parisienne " - Préfecture de l'Eure

Toujours selon la préfecture de l'Eure, " il  a été décidé de réadmettre la famille au centre du 115 ce lundi suite  à un appel de Monsieur Bacar et à des précisions sur son lieu de domiciliation ". Une démarche de régularisation administrative initiée par le père de famille que confirme le Réseau Éducation Sans Frontières de l'Eure.

En outre, le préfet de l'Eure, en raison de la situation particulière de la famille, a procédé à une admission exceptionnelle de séjour, pour garantir la continuité des soins et de la scolarité de la jeune fille.

Mounaika, huit ans, est atteinte d'une tumeur au cerveau

À cause de deux interventions chirurgicales, la petite fille a dû sacrifier une partie de ses cheveux, et Mounaika trouve qu' "ils mettent du temps à repousser ". L'enfant est en effet atteinte d'une tumeur au cerveau impossible à soigner dans son pays d'origine, les Comores. La famille a bien consulté un médecin aux Comores qui n'a pas décelé de tumeur, "il faut juste que votre fille mange des légumes" lui aurait-on répondu à l'hôpital.  En 2015, le père, la mère et leurs enfants paient 2600 euros  pour une traversée en kwassa-kwassa pour rejoindre le département français voisin de Mayotte. De là, en 2016, le père et la fille transitent par la Réunion avant d'arriver en métropole où la fillette a subi deux interventions chirurgicales à Paris, à l'hôpital Necker. Des opérations fructueuses puisque la tumeur s'est dejà résorbée de 40%. La fillette se rend désormais une fois par mois  à l’hôpital de Villejuif dans le cadre du suivi de sa chimiothérapie. Elle souffre de séquelles motrices consécutives à sa tumeur. Chaque nuit, Mounaika est sous assistance respiratoire. Elle a besoin d'avoir accès à l'électricité pour brancher son appareil.

La fillette va pouvoir faire sa rentrée en CE1

Scolarisée à l'école Maxime Marchand d'Évreux depuis le mois d'avril, Mounaika, qui bénéficie d’une reconnaissance « enfant handicapé » par la Maison Départementale des Personnes Handicapées de l’Eure, se dit très contente de pouvoir faire sa rentrée dans quelques jours. Celle qui se décrit comme "une élève sage" ne veut d'ailleurs pas rentrer au pays. Cette place en hébergement d'urgence, c'est aussi un soulagement pour son papa, qui ne voyait pas comment il allait faire, "sans ressources et sans travail" pour s'occuper de sa fille. À bientôt quarante ans, Moussa Bacar, qui a été artisan taxi aux Comores avant d'ouvrir son propre magasin d'alimentation générale en 2001, recherche activement un travail, pour subvenir aux besoins de sa fille et à ceux de sa femme et de leurs trois enfants restés à Mayotte. 


Paris NormandieRégion

 

RÉGION

À Évreux, un père et sa fille originaires des Comores ont retrouvé un hébergement d’urgence après quatre jours à la rue

Catherine ROL a Publié 22/08/2018 21:52 

Mise à jour 22/08/2018 21:52

Moussa Bacar et sa fille Mounaika ont trouvé du soutien auprès de RESF. Paris Normandie

 

Société. Depuis mardi soir, Moussa Bacar, un ressortissant comorien, et sa fille de 8 ans ont à nouveau un toit au-dessus de la tête. 

 

Rencontre.

 

Il aura fallu quatre jours pour que Moussa Bacar et sa petite fille Mounaika, âgée de 8 ans, trouvent une solution d’hébergement, par le 115, à Évreux. Mardi soir, ils avaient à nouveau un toit après avoir passé deux nuits dans un lieu de culte musulman, à La Madeleine et deux autres chez une compatriote comorienne, à Nétreville. Vendredi, ce père de famille originaire des Comores a été informé par la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) qu’il devait quitter le dispositif d’accueil d’urgence au prétexte qu’il était domicilié en région parisienne.

Tumeur au cerveau

Hébergé dans un premier temps par l’hôpital Necker, puis par un compatriote parisien, Moussa Bacar est finalement arrivé à Évreux où une autre compatriote a accepté de l’abriter pendant quelque temps...

« Je suis arrivé en France métropolitaine en décembre 2017 parce que l’hôpital de La Réunion, où ma fille a été opérée une première fois, ne pouvait pas prendre en charge sa maladie. On nous a dit d’aller à Paris. Ma femme et mes trois autres filles sont restées à Mayotte », raconte Moussa Bacar, 39 ans. La fillette est atteinte d’une tumeur au cerveau pour laquelle elle a subi deux interventions chirurgicales à l’hôpital Necker. « La tumeur a réduit de 40 %, souffle le papa. Mais Mounaika a encore deux ans de traitement et doit aller à l’hôpital tous les mois. »

Au vu du contexte, Moussa Bacar dispose d’une autorisation provisoire de séjour valide jusqu’en décembre. Sa fille, scolarisée à l’école Maxime-Marchand à La Madeleine, bénéficie même d’une reconnaissance « enfant handicapé » par la Maison départementale de personnes handicapées (MDPH). Aussi n’a-t-il pas compris quand la DDCS lui a demandé de vider les lieux jeudi dernier. « Je ne savais pas où aller. J’ai demandé si ma fille pouvait rester car elle doit rester sous assistance respiratoire la nuit. Depuis son opération à La Réunion, elle respire mal », raconte le Comorien.

Moussa Bacar a trouvé du soutien auprès du collectif Réseau éducation sans frontières (RESF) qui a saisi le procureur de la République. Moussa Bacar a finalement appris lundi qu’il pouvait à nouveau bénéficier d’un hébergement d’urgence. Il espère pouvoir rester en France. « J’ai besoin de rester car aux Comores, il n’y a pas d’hôpital. Je ne sais pas comment la maladie de Mounaika va évoluer. Et je souhaite aussi que ma fille ait une scolarité régulière. » La fillette fera sa rentrée à La Madeleine, en CE1, dans quelques jours.

Admission exceptionnelle

Dans un communiqué adressé à la presse mardi en fin de journée, la préfecture de l’Eure justifie sa décision.

« Le 18 juin, M. Bacar a obtenu un renouvellement de son autorisation provisoire de séjour auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine, en indiquant toujours résider dans ce même département chez un tiers, alors que son hébergement et celui de sa fille ont été pris en charge par le centre Ysos d’Évreux depuis le 5 février. Le 20 août, suite à un appel de M. Bacar et à des précisions sur son lieu de domiciliation, il est décidé de réadmettre la famille au centre du 115. Enfin, une décision a été prise par le préfet, au regard de la situation particulière de M. Bacar qui s’occupe de sa fille gravement malade, de procéder à une admission exceptionnelle de séjour, permettant ainsi de garantir la continuité des soins et de la scolarité de la jeune fille. »

Cela ne dispensera le papa de renouveler son autorisation provisoire de séjour enfin d’année.

 

Catherine ROL

 

 


A LA RUE!

- Des familles avec enfants laissées où rejetées à la rue, quel que soit leur état de santé


- Des Mineurs isolés  étrangers se voyant opposer un refus de mise à l'abri ou laissés à la rue "faute de place",

- des Mineurs isolés étrangers rejetés à la rue sous prétexte de contestation de leur statut de mineur,etc...

 

 

Des citoyens se mobilisent: 

 
 

 

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RÉGION

Eure : un rassemblement et une pétition pour réclamer la réquisition des logements vides

Vincent FOLLIOT | Publié 14/03/2018 21:59| Mise à jour 14/03/2018 21:59

 

Les militants du collectif réclament la réquisition des logements vides

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« Personne ne doit dormir dans la rue, avec ou sans papiers. » C’est en répondant à cet appel qu’environ 80 personnes se sont mobilisées, hier mercredi après-midi, devant la préfecture de l’Eure, à Évreux. Un collectif composé de citoyens, de militants associatifs, politiques et syndicalistes, est venu réclamer le droit à un toit pour tous, des sans-papiers aux sans-abri.

Une pétition, qui a recueilli plus de 700 signatures, a été remise hier au cabinet du préfet. Le collectif citoyen réclame la réquisition des logements vides, à commencer par le parc HLM. « La loi le permet, insiste Vincent Breuil, du Réseau éducation sans frontières (RESF 27). La semaine dernière, une association évangélique qui a un lieu de culte à Nétreville a reçu la visite des services de la mairie, des sapeurs-pompiers, de la préfecture. Ils lui ont enjoint de ne plus accueillir de monde dans ses locaux. Il s’agit de personnes que la préfecture refusait d’héberger. C’est de l’abus de pouvoir caractérisé, une guerre déclarée aux pauvres et à toutes les solidarités. »

SOCIÉTÉ

Familles à la rue : le maire d’Evreux pointe du doigt la responsabilité de l’État

Richard MESNILDREY | Publié 16/02/2018 22:37 | Mise à jour 16/02/2018 22:37

 

Jeudi soir, des familles avec enfants se sont, un moment, retrouvées à la rue

 

Immigration. Des familles africaines parvenues en France illégalement se sont retrouvées à la rue, jeudi soir. Guy Lefrand, le maire, a ouvert un gymnase pour les abriter. Il pointe du doigt la responsabilité de l’État. 

 

«Il y avait urgence », justifie Guy Lefrand, joint hier vendredi par téléphone. Le maire LR d’Évreux a ouvert les portes du gymnase Joliot-Curie, à La Madeleine, jeudi soir, pour accueillir des familles venues illégalement d’Afrique et qui, autrement, auraient dormi dehors. « Je suis réservé sur la politique envers les migrants mais là, j’étais face à des enfants dans des poussettes et à des mères de famille. Il fallait les protéger du froid. C’est la seule question que je me suis posée », résume le maire, qui s’est rendu au gymnase avec d’autres élus de sa majorité et du conseil départemental.

Ces familles originaires d’Afrique noire (Sierra Leone, Congo et Nigeria), en attente de régularisation sur le sol français, « représentaient 24 personnes, dont 15 enfants, auxquels se sont ajoutés quatre mineurs isolés », dénombre Vincent Breuil, du Réseau éducation sans frontières (RESF), qui vient en aide aux migrants.

« L’État a été violent »

Comment ces familles se sont-elles retrouvées à la rue ? « Le point de départ de cette triste affaire, c’est la levée du plan grand froid » par la préfecture de l’Eure, juge Guy Lefrand. Ce plan prévoit l’ouverture de places d’hébergement supplémentaires en cas de températures critiques. C’est pourquoi, alors que le thermomètre devait passer en dessous de 0 °C dans la nuit de jeudi à vendredi, des personnes logées à l’hôtel par le 115 (numéro d’urgence pour les personnes sans possibilité d’hébergement) se sont retrouvées sans logement, jeudi midi, à Vernon et à Évreux. Ces familles ont trouvé de l’aide auprès de RESF, qui a joué le rôle de lanceur d’alerte. « Nous avons battu le rappel des élus, des associations, etc., pour trouver des solutions. Mais à 18 h, quatre mères de famille avec huit enfants, très jeunes pour certains, étaient toujours à la rue », explique Vincent Breuil.

La mairie a été prévenue de la situation par l’association. « Guy Lefrand a été réactif. Il a réquisitionné le gymnase pour mettre les familles au chaud », poursuit le militant.

La Croix-Rouge a apporté des matelas et des couvertures et la maraude, qui parcourt la ville chaque soir pour apporter de la nourriture aux SDF, a fait un détour. « Sur les quatre familles logées au gymnase, une seule était hébergée par le 115 », souligne de son côté le directeur de cabinet du préfet de l’Eure. Il confirme que, le matin même, le 115 avait signifié à cinq familles qu’elles ne seraient plus prises en charge. Autrement dit qu’elles devaient quitter l’hôtel à midi. « Mais les conditions, notamment météorologiques, ont évolué et trois d’entre elles ont pu être reprises par le 115 dans la journée même. Une autre s’est relogée par ses propres moyens. » Conclusion du représentant de l’État : « Il n’y a pas eu de dysfonctionnement. »

Guy Lefrand, qu’on sait peu enclin à la sollicitude envers l’État, ces derniers temps, juge sévèrement cette situation, à laquelle il n’a jamais été confronté jusqu’alors. « Les familles n’ont pas eu le temps de se retourner. L’État s’est montré violent envers elles. La procédure de lever du plan grand froid est allée trop vite, estime le maire, médecin de profession. Je ne préjuge pas de la bonne volonté du préfet dans ce dossier mais je retiens aussi que c’est à la collectivité qu’il est revenu de gérer un problème compliqué et du ressort de l’État. »

« Une filière jusqu’à Évreux »

L’élu prolonge la réflexion : « Y a-t-il suffisamment de place au 115 ? », se demande-t-il. Il évoque aussi « une filière de passeurs pour les ressortissants congolais, qui viennent illégalement jusqu’à Évreux. Ce n’est pas nouveau mais elle n’est pas démantelée », regrette Guy Lefrand.

« Le choix du 115 était de ne pas loger ces familles sous prétexte qu’il n’y a pas assez de place d’hébergement. Je n’y crois pas, réagit Vincent Breuil. Cette affaire reflète la gestion déshumanisée des migrants : on n’hésite pas à laisser des enfants à la rue. Elle pose aussi la question de la régularisation et de ses délais. » Le militant invite à participer à un rassemblement, devant la préfecture de l’Eure, mercredi 14 mars à 15 h. « Familles avec enfants, mineurs et majeurs isolés, avec ou sans papiers, personne ne doit dormir dans la rue », lance-t-il, faisant référence à une pétition mise en ligne sur le site Internet de RESF.

Lire également en page Louviers

«Il y avait urgence », justifie Guy Lefrand, joint hier vendredi par téléphone. Le maire LR d’Évreux a ouvert les portes du gymnase Joliot-Curie, à La Madeleine, jeudi soir, pour accueillir des familles venues illégalement d’Afrique et qui, autrement, auraient dormi dehors. « Je suis réservé sur la politique envers les migrants mais là, j’étais face à des enfants dans des poussettes et à des mères de famille. Il fallait les protéger du froid. C’est la seule question que je me suis posée », résume le maire, qui s’est rendu au gymnase avec d’autres élus de sa majorité et du conseil départemental.

Ces familles originaires d’Afrique noire (Sierra Leone, Congo et Nigeria), en attente de régularisation sur le sol français, « représentaient 24 personnes, dont 15 enfants, auxquels se sont ajoutés quatre mineurs isolés », dénombre Vincent Breuil, du Réseau éducation sans frontières (RESF), qui vient en aide aux migrants.

 

 

Richard MESNILDREY

 

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À Évreux, la police municipale évacue des militants humanitaires venus soutenir des réfugiés sans abri

Catherine ROL | Publié 24/04/2018 22:05| Mise à jour 24/04/2018 22:20

 

Les militants en ont été délogés par la police municipale dans la soirée de lundi 23 avril 2018

Immigration. Des militants humanitaires qui s’étaient réfugiés dans la maison de quartier de La Madeleine pour y abriter des familles étrangères « refoulées » par le 115 ont été évacués par la police municipale.

 

«Un toit est un droit. » Ces mots, écrits en majuscules sur un drap blanc, ont été brandis lundi 23 avril 2018 devant la maison de quartier de La Madeleine, à Évreux. À l’appel de l’association Un toit sous la main, présidée par l’Ébroïcien Vincent Breuil, une quarantaine de personnes se sont réunies afin d’exiger « l’hébergement immédiat » de plusieurs familles étrangères « refoulées par le 115 ».

« Ce n’est pas à la Ville d’assurer cette charge »

« Personne ne dormira dehors ce soir », a lâché Vincent Breuil, fermement décidé à occuper « pacifiquement » un bâtiment public. Après avoir un temps songé à installer les sept familles dans une école, les militants se sont rabattus sur la maison de quartier. D’où ils ont été délogés « violemment », selon Vincent Breuil, sur les coups de 21 h, par la police municipale.

« La tension commençait à être palpable. Les enfants pleuraient », raconte un Vincent Breuil « catastrophé. Quand c’est devenu violent, les familles sont parties. » Le militant dénonce la décision de la municipalité « de nous faire sortir et de ne pas héberger les familles », contrairement à ce qui avait été décidé en février.

Une décision largement assumée par Nicolas Gavard-Gongallud, adjoint (LR) au maire en charge de la Sécurité : « J’ai discuté avec eux pendant un moment. Il n’y avait pas de solution de repli. À partir de 20 h 30, ils étaient en occupation illégale. Nous avons donc fait évacuer. Force doit rester à la loi et restera à la loi. » Quant à l’hébergement des immigrés, l’élu estime que « ce n’est pas à la Ville d’assurer cette charge ».

Les associations humanitaires, au rang desquelles figuraient notamment le Collectif étranger-Français pour l’égalité des droits (Cefed), Réseau éducation sans frontières (RESF) et la Ligue des droits de l’Homme, étaient venues soutenir sept familles étrangères sans solution d’hébergement : une quinzaine d’adultes et autant d’enfants en provenance du Congo, du Kosovo, d’Albanie, de Géorgie... « C’est indigne d’un pays comme le nôtre, qui se prétend terre d’asile, s’agace Vincent Breuil. On maltraite des gens qui ont toutes les capacités à s’intégrer. »

Lundi 23 avril 2018 en fin de journée, la préfecture de l’Eure a adressé un communiqué à la presse dans lequel elle détaille la situation desdites familles. L’une d’elle « était inconnue des services et n’avait jamais fait appel au 115. Une autre, arrivée en France en avril, avait été dirigée vers France terre d’asile le 20 avril et ne s’est pas présentée. Une autre encore, arrivée en France en avril, devrait déposer son dossier de demande d’asile le 25 en préfecture de Seine-Maritime. Elle a vocation à être hébergée. Le dossier d’une famille déboutée du droit d’asile dont la mère a déposé en mars une demande de titre de séjour ‘‘malade’’ est en cours d’instruction. Une famille dont l’époux souhaitait déposer une demande de titre de séjour médical a vu sa demande ajournée en raison de la production de faux documents. Une autre était jusqu’à ce jour hébergée par son réseau de connaissances. Enfin, une famille arrivée de l’Oise, déboutée de sa demande d’asile, est toujours hébergée par le 115 », détaille la préfecture. Elle assure que « l’État suit avec vigilance la situation de ces familles ».

Vincent Breuil a déclaré ne pas savoir où six des sept familles avaient pu trouver refuge après les événements de lundi soir. Selon Nicolas Gavard-Gongallud, elles sont tout simplement « retournées chez les amis qui les hébergeaient jusqu’à présent ».

 

Catherine ROL

 

 

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SOCIÉTÉ

Dans l’Eure, des mineurs réfugiés privés de droit

Publié 05/01/2018 23:20 | Mise à jour 05/01/2018 23:34

 

Plusieurs réfugiés mineurs ne seraient pas reconnus en tant que tel et ainsi privés de droit, dénonce RESF 27

Migrants. Des réfugiés mineurs se retrouvent privés du droit à l’hébergement dans le département. Le Réseau d’éducation sans frontières 27 (RESF 27) dénonce cette situation.

Le RESF (Réseau d’éducation sans frontières) 27, réseau d’aide pour mineurs et jeunes majeurs étrangers, a pour but d’accompagner les jeunes dans leurs droits à l’hébergement et à la scolarisation.

Depuis quelque temps, le réseau se trouve confronté à un souci majeur concernant le volet hébergement, aggravé par la circulaire du 12 décembre 2017, mettant à la rue tous ceux qui sont en situation irrégulière.

« UNE TROISIÈME CATÉGORIE D’ÊTRE HUMAINS »

« En ce moment, nous sommes face à deux jeunes de moins de 16 ans à qui l’on refuse un statut. L’Aide sociale à l’enfance ne les reconnaît pas en tant que mineurs malgré leurs papiers. La Direction départementale de la cohésion sociale, après les avoir considérés comme majeurs pendant une semaine, les a évalués comme étant mineurs... Ils ont ainsi créé une troisième catégorie d’êtres humains qui n’ont aucun droit », s’indigne l’ÉbroïcienVincent Breuil, président du RESF 27. Fodé, 15 ans, est arrivé de Guinée le 19 octobre. Après avoir été dirigé vers le commissariat d’Évreux, il est orienté vers l’Aide sociale à l’enfance qui l’a mis dehors, après lui avoir donné une date d’évaluation. « Je suis resté six jours à dormir dehors, à attendre la date de l’évaluation. Après , ils m’ont considéré comme majeur juste en me regardant et parce que je parlais bien français. Mais pourquoi je ne parlerais pas bien français, nous avons été colonisés par la France ! Une fois encore, j’ai été mis à la porte. », s’émeut le jeune homme.

Issiaka a connu le même parcours en arrivant à Évreux : « Je suis revenu tous les jours au conseil départemental pour demander de l’aide. Ils m’ont regardé, ont vu que j’étais habillé chaudement et m’ont mis dehors à coups de pied en disant que je n’aurais pas froid dehors car j’étais bien couvert. »

RECOURS AU TRIBUNAL

Face à cette situation, RESF 27 a fait un recours devant le tribunal. Issiaka, qui est arrivé avec des papiers, y est convoqué le 17 janvier. Pour Fodé, la démarche pour récupérer ses papiers est en cours. Il attend sa convocation. « En attendant, ces jeunes n’ont pas de solutions, ils n’ont pas d’hébergement alors que l’Ase ou le 115 doivent les prendre en charge jusqu‘à décision du tribunal. En cas d’urgence, le procureur doit se prononcer et c’est pourquoi nous sommes allés dès ce 4 janvier au tribunal faire une demande mais, là encore, le procureur a un droit de réserve... », s’inquiète Vincent Breuil.

INFOS PRATIQUES

www.educationsansfrontieres.org

 

L’inquiétude des militants

Amnesty International France (AIF) et l’Anafé (Association nationale aux frontières pour les étrangers) font part dans un communiqué de presse de leur vive préoccupation quant aux poursuites engagées à l’encontre de l’une de leur militante ;

 

Elle travaille à l’accompagnement juridique auprès de deux mineurs étrangers en situation irrégulière. Elle sera jugée lundi 8 janvier à Nice (06) et risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amendes. « C’est la première fois dans l’histoire de notre mouvement, qu’une militante et responsable d’Amnesty International dans les Alpes-Maritimes, Martine Landry, sera jugée pour avoir facilité l’entrée en France de mineurs étrangers », s’indigne Didier Riaud, président d’Amnesty International Évreux.

AIF et l’Anafé dénoncent la poursuite de personnes dont la seule motivation est de porter assistance aux migrants et réfugiés. Au cours de l’année 2017, AIF et l’Anafé ont dénoncé de nombreuses illégalités. Les personnes contrôlées à la frontière se retrouvent privées de toute possibilité de faire valoir leurs droits, notamment celui de solliciter l’asile. Les enfants non accompagnés sont renvoyés au même titre que les adultes, de façon expéditive et sans possibilité d’exercer leurs droits ni même d’être accompagnés. « Nous rappelons les engagements de notre pays en matière de solidarité envers les réfugiés et demandons la modification de la réglementation française pour assurer pleinement le respect de ces engagements », ajoute Didier Riaud.